Même si Milko Berset refuse de positionner le « Ryzom: Ring » par rapport à l'éditeur de modules de NeverWinter Nights (permettant également de créer de petits mondes virtuels communautaires, permettant de modéliser en ligne des parties de jeu de rôles sur table), on ne peut s'empêcher de noter des similitudes... et des différences entre les deux produits.
Les deux éditeurs reposent sur les mêmes concepts permettant la création « d'histoires » et de petits univers virtuels riches et variés à partager au sein de la communauté. NeverWinter Nights proposait une "campagne officielle" limitée ; forte de deux millions de joueurs, maîtres de jeu et de développeurs de modules, la communauté de NWN a su créer et renouveler le jeu grâce à l'éditeur de modules pour assurer sa pérennité pendant plus de cinq ans (et on compte aujourd'hui des milliers de modules en ligne, dont certains toujours très populaires).
Avec Ryzom: Ring, Nevrax semble jouer cette même carte de la communauté. En jeu, on la sait plus ouverte et accueillante que sur nombre d'autres MMORPG du marché (pour préparer cette preview, nous avons visité le monde d'Atys "incognito" et spontanément des personnages de haut niveau arpentant l'île de départ de Ryzom nous ont proposé leur aide, là où dans nombre d'autres MMOG, un personnage de haut niveau "campant" les zones de départ est un "grieffer" en puissance)... Et manifestement, avec le Ring, Nevrax retourne aux sources du MMORPG et compte sur sa communauté pour relancer l'attrait pour Ryzom. Interrogé à ce sujet, Milko Berset reconnaît volontiers que R² est l'une des réponses de Nevrax à une critique récurrente des joueurs regrettant le manque de contenu de Ryzom...
Pour corroborer ce sentiment, le maître mot gouvernant le Ryzom: Ring est manifestement la simplicité d'utilisation. Là où l'éditeur de modules de NeverWinter Nights permettait l'introduction de nouveaux modèles 3D de créatures, bâtiments, etc. créés par les joueurs avec des logiciels de conception 3D tiers ou l'utilisation de scripts puissants mais complexes (les NWScripts), le Ring se limite au contenu de Ryzom géré via des menus contextuels et un système de macro (selon Milko Berset, ce dernier devrait néanmoins s'étoffer aux fils des patchs et à terme, une plateforme d'échanges de macros développées par les joueurs pourrait voir le jour), à la portée de tous. Avec le Ring, ce que les créateurs de scénarios perdent en « liberté technique », ils le gagnent sans doute en simplicité d'utilisation, ergonomie et créativité.
Notons néanmoins que pour pallier les éventuelles limites du Ring (limité au contenu déjà disponible dans Ryzom), Nevrax dit avoir plusieurs projets de compléments pour l'avenir. Des mondes sous-marins, des cités célestes et autres éléments permettant aux créateurs d'exprimer pleinement leur créativité sont autant de nouveaux écosystèmes susceptibles d'éveiller l'intérêt de Nevrax... et la moitié de l'équipe de Nevrax (une cinquantaine de personnes) travaille le Ring.
Ce choix de la simplicité, en plus de la gratuité du Ring, devrait sans doute permettre d'élargir considérablement la base du nombre de créateurs et donc de scénarios disponibles. Peut-être permettra-t-il la multiplication du volume de contenu disponible, grâce à la communauté (même si Milko Berset refuse de communiquer sur le volume, en nombre d'abonnés, de la communauté "Ryzom").
Mais en plus de l'accessibilité du produit, l'un des principaux attraits du Ring tient sans conteste dans l'offre d'hébergement des scénarios persistants : les Outlands (pour moins de cinq euros par mois). Pour continuer l'analogie avec la communauté de NeverWinter Nights, nombre de créateurs ont conçu des univers particulièrement ambitieux mais resté très confidentiels faute de possibilité d'hébergement digne de ce nom.
Avec les Outlands, Ryzom: Ring apparaît comme le premier éditeur de MMOG, incluant les outils de conception et les solutions d'hébergement. Pour peu que Nevrax « joue le jeu » et permette à sa communauté de « s'approprier » le Ring, sans doute peut-on espérer quelques belles réalisations.